Né à Cognac, en 1971,
Richard Trian se passionne dès l’enfance pour le monde de l’art. À huit ans, passionné par le dessin et la peinture (qu’il approcha pour la première fois, comme des générations d’enfants, lors d’une sortie scolaire au Louvre), il se rêve dessinateur de BD. Mais plus tard, c’est vers l’écriture –la poésie, vers la photographie, puis vers la musique qu’il se tourne. Au début des années 90, résistant aux réticences familiales, il s’installe à Paris, emportant sa guitare et son appareil photo. « Je photographiais les trottoirs parisiens et les pieds des passants qui s’y usent » raconte-t-il. Il découvre aussi les salles de concert et les vernissages parisiens. Mais c’est encore dans la musique qu’il s’investit, créant un groupe en 1991 qui, après bien des concerts se sépare quelques années plus tard.
Désireux de créer de manière autonome, il choisit alors de retourner vers le dessin et la peinture. Il découvre l’œuvre de Pierre Soulages, qui le marque en profondeur. Dès lors, dans l’ombre, il se remet à cette passion initiale et en 1995, produit une première série de tableaux, études figuratives de formes humaines et de paysages, dans des techniques mixtes qu’il affectionne toujours : peinture glycero, bombe, sur toile ou carton. En 1996, il expose pour la première fois au Couvent des Récollets à Cognac, et remporte un beau succès. Le « potentiel créatif » dont les professeurs de son adolescence étaient convaincus peut enfin s’actualiser.
S’ensuit, de
2002 à
2006, une période d’expérimentation, de recherche, de travail intérieur autant que plastique. Il explore la voie de l’abstraction, la densité texturelle des matériaux, comme le bois, les empâtements… Apparemment violent, son travail est animé d’un profond vitalisme. Les fractures, les déflagrations, les « dissolutions » et les « divisions » des éléments qui les composent se perçoivent comme autant d’explosions de vie, forces de résistance contre l’usure et la destruction.
À partir de
2006, Richard Trian semble poursuivre un chemin plus serein, plus mature, et trouve son vocabulaire plastique. Inscrivant son travail dans une recherche axée sur la picturalisation du langage graphique urbain, ses œuvres, aux confins du graphisme, de l’écriture et du tag, empruntent l’énergie et la gestuelle de l’expressionnisme abstrait, interrogent les signes de ces esthétiques populaires et urbaines pour les décontextualiser et en réinvestir plastiquement les codes.
Aujourd’hui, il vit et travaille à Gensac La Pallue, un petit village charentais près de Cognac.
Marie Deparis
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Established artist, born in Cognac (France) in 1971, Richard Trian explores
materials, textures and techniques in a self-taught way, even though he
followed open university courses at the Ecole des Beaux-Arts of Bordeaux.
Teacher of fine arts, he manages the municipal school of art of Jensac, in the
Charente region, a city in which he lives and works. |