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Série Urban Tattoo
Technique mixte sur toile
Année 2009-2010
Richard Trian, inscrit son travail, depuis 2006, dans une recherche axée sur la picturalisation du langage graphique urbain. Ses œuvres, aux confins de la peinture, du graphisme, de l’écriture et du graff, empruntant l’énergie et la gestuelle de l’expressionnisme abstrait, interrogent les signes de ces esthétiques populaires et urbaines pour les décontextualiser et en réinvestir plastiquement les codes.
Le travail de Richard Trian, nourri d’une véritable culture de l’action painting, cherche ainsi à pointer le lien –le chaînon manquant- entre l’expressionnisme abstrait américain et le street art. Il se réapproprie et connecte les codes de ce double langage plastique.
D’une part, la picturalisation de l’écriture, par laquelle mots, nombres, phrases, citations, abstractisés, illisibles désormais, s’impriment en un processus élaboré : le premier dripping voit sa trace confirmée au pinceau, dans une approche calligraphique, puis se fixe au chalumeau.
D’autre part, la rapidité du geste, les traces et les coulures, l’éclatement des formes, l’énergie d’un Pollock. Dans sa manière de capturer la dynamique du signe, de le saisir sans le figer, il allie la performance du mouvement, du flux rapide, l’urgence de l’expression à la spontanéité définitive du geste (la rigueur même du shodô).
Avec Urban tattoo, l’importance du travail chromatique se confirme. Sur fond de blanc optique, les couleurs se lovent, se dissolvent, dans la transparence ou les opacités, la peinture raclée ou reliefée au contraire.
Urban tattoo peut se lire comme une synthèse d’un certain nombre de questionnements au cœur de l’expressionnisme abstrait, poursuivie dans le street art et en particulier dans le graffiti contemporain.
L’expressionnisme abstrait comme le graffiti opèrent une déconstruction des formes, des images, des signes. Ici, on assiste aux prémices d’une dissolution du déconstruit.
Au travers de cette esthétique de l’enchevêtrement, de fouillis dense presque dérangeant dans lequel se dissout toute lecture, se dessine l’image d’un monde certes cosmopolite mais à la prolifération contenue...à la fois comme en apesanteur sur son fond blanc et au bord de l’effondrement.
Dans cette désintégration de l’image se joue une très symptomatique liquéfaction des signes, une sensation d’énergie implosive, tandis que partout micro explosions, coulures, flaques comme autant de tentatives d’échapper à la finitude du cadre, opposent leurs forces de résistances contraires. Chacun des Urban tattoo est une bombe.
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| Urban Tattoo 21— 150 x 50 cm (Vendu) |